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  dagher ∳ stockholm syndrome

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Lézardée
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MessageSujet: dagher ∳ stockholm syndrome   Dim 4 Déc - 22:55



© SKARSGARDADDICT (TUMBLR)



“ WHAT ABOUT YOU ? „
Nom et Prénom(s) → Grim Dagher Nystrand.
Date de naissance et âge → 9 juin 1979, trente-trois ans.
Statut → En instance de divorce.
Emploi et/ou études → Avocat, il donne également des cours de droit à l'université de Miami. À préciser aussi qu'il occupe un poste de conseiller municipal, ce qui n'est pas négligeable.
Traits de caractère → Peu scrupuleux ; intéressé ; intelligent ; égocentrique, ou tout du moins très individualiste ; grognon ; rusé ; désinvolte ; familier ; tranchant ; indépendant ; fantaisiste ; peu docile ; excentrique ; marginal ; imprévisible.




“ AND IF WE WANNA KNOW MORE ?  „
depuis combien de temps habitez-vous à ocean grove ?
Une semaine. Environ. Peut-être plus, peut-être moins, je ne sais plus trop, pour être honnête y'a d'autres trucs d'importance légèrement supérieure qui me préoccupent pour le moment. Néanmoins, ma femme (ou plutôt devrais-je dire mon ex-femme) et moi sommes plutôt bien connus dans le voisinage. C'est à dire que nous avons toujours possédé cette maison sur Lemon Street, que mes parents m'ont léguée quand ils sont partis faire le tour du monde il y a quelques années de cela. J'les ai pas revus depuis, soit dit en passant. Ça m'étonne pas tellement, si vous voulez tout savoir. C'est à dire que j'ai des souvenirs de mon enfance où, au supermarché, c'est leurs noms que j'entendais parfois au micro quand une caissière plutôt sympa y expliquait que Henrik et Märtha Nystrand avait perdu leur jeune fils et l'attendaient à l'accueil. Ils avaient alors vachement de mal à expliquer pourquoi c'était moi qu'avait le caddy, si j'étais supposé être le paumé dans l'histoire.
quelle est votre impression sur ce quartier résidentiel, ses habitants, etc ?
Les Ocean Groviens sont des créatures étranges. Il faut les voir pour y croire. J'les ai vus et pourtant j'suis toujours un peu dubitatif et tout l'tralala. C'est mon côté sceptique. Très honnêtement, tant qu'ils me fichent la paix j'irais pas leur chercher des noises. Mais j'dois bien admettre que j'ai regardé trop de fois Gran Torino pour mon propre bien (et optionnellement le leur) et que j'ai un peu trop tendance à sortir la carabine quand un voisin non désiré est en approche. J'veux dire, si vous aimez vos gosses, faut pas leur demander de venir me vendre des cookies. Un peu de bon sens quoi, merde.
quel est le plus gros regret de votre vie ?
Oulah, sans vouloir te vexer mon bonhomme, je doute que notre degré d'intimité te permette de poser ce genre de question. J'veux dire, on entre dans une zone un peu cahoteuse, là, si tu vois ce que je veux dire, et j'ai pas franchement envie de discuter de mes, hum, regrets et autres trucs du même acabit avec un blanc bec comme toi. 'fin, j'sais pas, regarde-toi, t'es pas le genre qui pousse à la confidence alors, non, non, vraiment, non. Laisse tomber.
comment vous imaginez-vous mourir ?
Assassiné par une femme. Non, je suis sérieux là, sincèrement. Ça serait sexy. Bon, je vous l'accorde, ça dépend de la femme. Et si vous êtes du genre parieur, je serais bien tenté de miser sur mon ex-femme numéro trois. La première, c'est rigoureusement impossible, et la seconde me considère comme une leçon de vie, un de ces trucs qui craignent sur le moment mais vous aident à positiver pour la suite, enfin, une fadaise dans le genre. Elle m'a sorti tout un discours mais j'sais pas, y'a du avoir autre chose qui a retenu mon attention sur le moment ; c'est à dire qu'il m'arrive de souffrir de sérieux troubles de la concentration quand mon interlocuteur relate un fait particulièrement chiant - j'aimerais bien vous y voir, c'est super handicapant. Et numéro quatre, je crois pas qu'elle me tuerait. Oui parce que j'y réfléchi. Longuement. Elle a beau le nier, elle s'est attachée à moi. Bien trop pour supporter l'idée de rester avec moi, d'ailleurs. Et c'est pour ça qu'elle est en train de me quitter.
avez-vous des particularités, des manies ou autres ?
« J'ai besoin de ce que j'appelle mon « espace vital » ou encore « bulle de confort social », et il vous est vivement conseillé pour votre propre sécurité de ne pas m'approcher au delà d'une certaine distance. » ∳ « J'ai une très bonne descente, et j'en profite régulièrement. » ∳ « J'aime beaucoup la musique. Toutes les sortes de musique. Classique, jazz, electro, et j'en passe... En revanche, je ne supporte pas les chansons. Les voix humaines me font toujours l'effet d'être terriblement inconvenantes dans ce genre de situation, quand elles viennent parasiter une mélodie qui peut être si belle à la base. Pourquoi l'être humain vient-il toujours tout gâcher ? » ∳ « Je n'ai pas mangé un seul légume depuis 2009. Enfin, si l'on ne compte pas les cornichons, bien sûr. Mais ces trucs là sont décidément bien trop bons pour qu'on puisse les considérer comme des légumes, non ? » ∳ « J'aime faire mes courses en jogging. C'est ma manière à moi de crier à la face du monde que je n'en ai strictement rien à foutre de ce qu'il peut penser de moi. Malheureusement, le monde me paraît bien peu enclin à saisir la subtilité du message. » ∳ « Les gens pensent souvent que je suis un être méprisant et méprisable, grognon, instable, lunatique, hargneux, plein de rage et de rancœur, odieux et intraitable. Ça me désole assez, que, tous autant qu'ils sont, ils parviennent à me cerner avec une facilité si déconcertante. Suis-je si limpide ? » ∳ « J'ai volé le cœur d'une fille, une fois. Par inadvertance. » ∳ « En dépit de tout ce qui a pu se dire, je puis vous assurer que, non, je ne l'ai pas mangé. » ∳ « Cela fait une bonne dizaine d'année que je m'efforce de ne louper aucun épisode d'Amour, Gloire et Beauté. Il m'arrive aussi fréquemment de regarder Beverly Hills 90210. J'ai besoin de savoir que l'existence peut atteindre un niveau plus bas que ce à quoi je peux assister chaque jour, cela me rassure. » ∳ « Non mon père ne me battait pas, et non, je n'ai jamais eu à me plaindre d'un manque d'affection de la part de ma mère. Cherchez ailleurs. Ou cessez de chercher. Pourquoi faut-il toujours que, dans votre monde, il y ait une explication à tout ? » ∳ « J'ai des tendances mythomanes. D'ailleurs, si vous voulez tout savoir, j'ai déjà commencé à vous raconter des foutaises. Avouez : vous n'y avez vu que du feu, pas vrai ? »

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MessageSujet: Re: dagher ∳ stockholm syndrome   Dim 4 Déc - 22:55



“ THANKS FOR THE MEMORIES.  „

numéro 1

J'ai rencontré numéro 1 un jour de pluie. Pour que vous vous imprégnez mieux de l'histoire, il faut que vous sachiez une chose. Je faisais tout le temps ça. Ça n'avait rien d'exceptionnel. Il fallait toujours que je m'arrête pour m'occuper de tout ce qui avait l'air faible, abandonné ou perdu. Mes parents en étaient très fiers. Je ramenais toujours toutes sortes d'animaux à la maison, assez régulièrement des oiseaux. Ce qu'il y a d'ironique, là dedans, c'est que des oiseaux vivants qui chantent, ça me tape sur les nerfs, j'ai systématiquement envie de les buter et je leur flanque un coup de pied dans les plumes dès que j'en ai l'occasion. Mais prenez les mêmes, faites les tomber de leur nid, et me voilà tout attendri - ou un truc du genre. Mes parents trouvaient ça chou. Ou adorable, je sais plus. C'était une autre vie, et les souvenirs s'estompent vite. Ils mettaient leurs mains, comme ça, sous leur menton, et m'accueillaient avec des petits cris emplis d'enthousiasme. Ouais, ils étaient fiers. Ils se disaient que leur gosse était plein d'empathie et de bonnes pensées, ils trippaient drôlement à ce sujet. Moi, naïf, et tout jeunôt comme j'étais, j'y croyais. Je croyais que j'étais un gars bien, vous voyez. C'était tellement tentant. Ce concept, cette idée. C'est numéro 3 qui m'a fait comprendre que je me gourais sur toutes la ligne. Toutes les belles illusions que j'ai acquis tout au long de ma vie, c'est numéro 3 qui m'en a débarrassées. Je lui ai jamais dit merci - j'aurais dû, sans doute. J'ai rencontré numéro 1 en revenant du lycée. Elle était de plusieurs années mon aînée. Il pleuvait. Elle pleurait. Les données se mélangeait confusément dans mon esprit. Elle avait tout de l'oisillon à l'aile froissée. Alors je l'ai ramenée chez moi, chez mes parents. Mais c'est pas l'aile qui posait problème. C'est cette drôle de chose qu'elle avait dans le ventre. Cette chose qui l'empêchait de rentrer chez elle. J'étais un peu désemparé - un nid douillet et un bol de lait ne suffiraient probablement pas. J'ai fait ce que j'ai pu. Ça n'a pas vraiment suffit, mais elle ne m'en a jamais blâmé. Elle était comme ça, numéro 1. Et toujours, sur ses lèvres, il y avait ce sourire délicat et heureux caractéristique des gens blessés par la vie. C'est ça, et pas l'embryon de vie qui se développait à l'intérieur d'elle, qui m'avait interpellé. C'est ça que j'ai su, immédiatement, en la voyant. Qu'elle n'en aurait pas pour longtemps. C'est ça, qui m'a attendri.

Je suis comme qui dirait tombé amoureux d'elle trois ans plus tard. À vrai dire, je n'y connaissais rien à tout ça. J'étais là, avec mon inexpérience pour seul bagage, la gente féminine ne m'avait jamais interpellée plus que cela, et pourtant. Et pourtant il y avait ces fissures dans ses éclats de rire, ces fissures que je ne savais pas comment colmater. Y'avait sa fragilité, qu'elle affichait au grand jour, comme un étendard ou un blason, j'en sais trop rien. Et ça m'faisait quelque chose. Ce qu'elle était, ce qu'elle ressentait, ça me dépassait complètement. Alors j'restais près d'elle, dans l'espoir de comprendre un jour. C'était très égoïste, maintenant que j'y pense. Et il y avait cet embryon, ce truc un peu abstrait qui s'était transformé en personne concrète. Ce truc un peu banal, qui rendait toute l'histoire un peu formidable. Je l'ai toujours, ce truc. Chez moi. C'est le seul truc que j'ai pu garder.

témoignage de juliet "jules" plumbridge (élève de l'université où il enseignait) ❝ Ce mec va vous embobiner. Il le fait toujours. ❞ La jeune fille mâche lourdement son chewing-gum, un air ennuyé qu'elle avait perfectionné au fil des années collé à son visage. Très bien collé. ❝ Il va vous parler de trucs et d'autres, détourner votre attention du sujet principal et narrer des histoires invraisemblables que vous allez croire. Il va vous tester, voir ce qui vous émeut, et adapter son discours en fonction. C'est simple, Nystrand a deux modes. Le mode foutage de gueule, et le mode grognon. S'il n'est pas en train de vous insulter, de ronchonner ou de maugréer quelque chose, c'est qu'il se fout de votre gueule. Il fonctionne comme ça avec tout le monde. Et s'il vous aime bien, il vous montrera explicitement qu'il se fout de votre gueule. C'est sa façon à lui de montrer qu'il vous apprécie. ❞ Elle marque une pause, fait une bulle, l'éclate avant de reprendre. ❝ Je ne dirais pas que je suis proche de lui, ni même que je suis son amie. Je doute qu'il ait des amis, à proprement parler. On déjeunait souvent ensemble, quand il était prof à Cornell. Il était plus ou moins convaincu que je suivais ses cours de droit. Ce qui est faux - je suis en éco', mais je ne l'ai jamais détrompé ; y'avait un truc dans son comportement qui m'indiquait qu'il s'en foutait royalement. Enfin bref. On parlait pas mal. Ouais, il m'a parlé de ses quatre ex-femmes. Je doute que la moitié d'entre elles ait existé, perso, mais croyez ce que bon vous semble, je m'en fous moi. ❞ Elle cherche des yeux à droite, à gauche, en quête de quelque chose qui retiendrait son regard. En vain.  ❝ J'crois qu'il regarde un peu trop de séries TV. Il s'en inspire pour se créer des personnages - c'est flagrant. Le coup des anciennes femmes, ça doit être un mix de Gibbs de NCIS et de Wilson de Dr House. Si vous voulez mon avis. Et si vous le vouliez pas fallait pas me poser toutes ces questions. Bref. Je doute sérieusement qu'il ait eu autant de conquêtes. Je crois que c'est un truc dont il se sert pour noyer le poisson. Il a ce don, pour concentrer l'attention de ses interlocuteurs sur quelque chose de bien précis, et surtout la détourner de certaines choses bien précises. Si j'étais vous, je m'intéresserais plus à ce qu'il ne dit pas - pas évident, je sais. Mais croyez-moi, il y a énormément de choses qu'il passe sous silence. Je ne vous dirais pas quoi. Parce que j'en ai strictement aucune idée. Mais je parierais qu'il a des squelettes plein les placards ce type. ❞

numéro 2
Numéro 2 était une fille saine. Du moins, au moment où je l'ai rencontrée. Elle m'a fait découvrir les ondes positives, le soja, le lait hydratant, les masques à l'avocat, la dentelle, les concombres sur les yeux, les sels de bain, Grey's Anatomy, les dessous de verre, les manuels d'utilisation, la politesse, les commérages, Julia Roberts, le yoga, et des tas de légumes dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Et Bridget Jones. Elle m'a aussi enseigné des concepts étranges. Qui me parlaient vaguement, jadis, et m'échappent complètement à présent. La tolérance, le pardon, la générosité, 'fin des conneries du style. Elle faisait toujours les choses bien. Ça m'ennuyait, profondément. C'est juste qu'à cette époque, j'aimais être ennuyé. Je trouvais ça reposant. Nous nous opposions, et nous complétions. En échange de l'ennui qu'elle m'offrait à n'en plus pouvoir, je lui apportais cette dose de piment qui manquait cruellement à son quotidien. Elle me détestait, mais elle adorait se plaindre de mon comportement, et c'est ce qui conférait à notre couple cette stabilité que beaucoup nous enviaient. Se lier à moi était pour elle le geste le plus noblement charitable qu'elle pouvait accomplir. Elle se figurait des tas de choses - je le lisais dans ses yeux. Elle se figurait que j'étais son chemin de croix à elle, une épreuve psychologique qu'elle allait devoir traverser - c'est ça un chemin de croix ? Honnêtement je n'en ai aucune idée - et dont elle sortirait plus forte, plus accomplie en quelque sorte. Je crois que ce qui m'agaçait le plus, ce n'est pas quand elle me considérait comme un échec, mais quand elle me considérait comme son échec, personnel. Était-ce ma faute ? Avais-je quelque part en cours de route laissé entendre qu'il était imaginable qu'elle puisse avoir un impact, ne serait-ce que très mineur, sur la manière dont je désirais vivre ma vie ? Si c'est le cas, si je l'ai laissée croire qu'elle pouvait avoir une telle influence, j'en suis sincèrement désolé. En revanche, si j'ai été irréprochable - comme à mon habitude - et si elle s'est arrogé ce droit de porter la responsabilité de mes actes tout à fait librement et sans mon consentement, alors ce n'était finalement qu'une garce avec une conception de sa propre importance bien trop haute pour ne pas être erronée.

témoignage de edna barwick. (voisine) ❝ Je HAIS ce type. Depuis que sa femme l'a quitté, c'est encore pire. Avant, je ne le voyais que l'été, alors je m'en accommodais. Je ne disais rien. Bon, honnêtement, il m'arrivait, parfois, quand il m'énervait vraiment, de me plaindre auprès de mon mari. Comprenez moi, ce n'était pas évident à gérer ! Mais depuis que Isobel n'est plus là pour le canaliser c'est... C'est atroce ! Déjà son jardin, non mais regardez-moi son jardin, ces hautes herbes - je ne serais pas étonnée qu'il y ait des serpents là dedans ! Et ces rosiers, oh ça me fait de la peine, de les voir en si piteux état. Ils étaient si beaux l'an dernier... Isobel s'occupait des rosiers, elle. Mais maintenant, il n'y a plus que Grim. ❞ L'intonation de sa voix paraît encore plus exaspérée quand elle prononce ce prénom. ❝ Tous les matins, c'est le même cirque. Il est là, assis dans son transat', avec sa glacière pleine de bières à côté de lui. Les cannettes vides s'accumulent par terre sans que ça le dérange, et oh, que ça me tape sur les nerfs ! Et il... Il est juste là, avec sa carabine, son chat atroce et ses bières, à regarder les joggeuses passer. Ah ça il s'en met plein les yeux ! Mais vous savez, je suis une femme moderne, je... Je sais comment sont les hommes, aujourd'hui. Moi je m'en moque. Si ça s'arrêtait là... ❞ Mais c'est elle qui s'arrête là, momentanément, marquant une pause bien étudiée. C'est sensé faire monter le suspens. ❝ Il a tué un oiseau. ❞ Elle lève les yeux au ciel, récite une prière, rapidement. ❝ Que le diable l'emporte, il a... Il a tué un oiseau. Comme ça. Avec sa carabine. Je ne sais même pas pourquoi ! Ah son affreux matou était aux anges ! Ça oui ! Mais je n'allais pas rester les bras croisés, vous savez, je... Je tiens à mon voisinage, à ce qu'il reste paisible ; je ne comprends pas qu'un abruti pareil ait un permis de port d'armes ! Alors j'ai appelé les policiers, c'est ce que toute voisine raisonnable et se sentant concernée est supposée faire ! Mais... Ça ne s'est pas passé comme je l'aurais souhaité. ❞ Elle remue tristement la tête, l'air sincèrement peinée, et déçue.  

numéro 3
Avec numéro 3 c'était passionné. Limite sauvage. C'était la jalousie, les crises, les disputes, les fictions, les cris et les larmes. Tout ça en même temps. Numéro 3, ça l'aurait tellement embêtée, que je sois fidèle, que j'inventais des voyages d'affaire, juste pour la faire psychoter. Ça arrangeait mes collègues, qui rêvaient d'une virée à Las Vegas depuis un moment. Je suis pas vraiment branché jeux, casinos et compagnie, mais par amour pour numéro 3, je m'y suis mis. J'ai fini par acheter un appartement là-bas. J'y stockais du rouge à lèvre, dans le petit tiroir de la salle de bain, et je demandais à mon collègue avec les lèvres les plus féminines de laisser des marques de gloss sur le col de mes chemises, que j'aspergeais évidemment de parfum féminin bon marché - ça la rendait furax, numéro 3, que je la trompe avec une pouffe vulgaire et sans goût. Mais c'est ce qu'il fallait faire. Si ça avait été des marques de cosmétiques chics, elle m'aurait largué direct, j'en suis sûr. Numéro 3 aimait le drama mais elle n'aurait pas aimé se faire surpasser par une femme fatale irrésistible qui m'aurait fait tourner la tête. D'ailleurs, si j'étais tombé amoureux d'une autre, ça l'aurait tuée, comme ça, sur le coup. Elle aimait l'idée que je la trompe, parce qu'elle fantasmait à mort sur le concept de l'avocat perverti qui butinait à droite à gauche avant de revenir immanquablement vers elle. Ça lui donnait une étrange sensation de pouvoir. Et ça réconfortait son ego - comme s'il en avait besoin. Dans sa tête, elle plaignait toutes ces pauvres filles inexistantes qui ne me posséderaient jamais comme elle me possédait. Et puis un jour, numéro 3 a tout découvert. Ça devait être le clou du spectacle, dans son esprit, j'imagine. Me prendre sur le fait. J'ai pas eu de chance. Elle est entrée dans l'appartement au moment même ou Gregory, parfumé comme une gonzesse et les lèvres brillantes de gloss, gloussait en tenant le col de ma chemise à deux mains. Et là, t'as beau être un des meilleurs avocats de New-York, y'a rien que tu puisses dire ou faire pour te sortir d'une situation pareille. J'ai fait le seul truc que j'avais à faire. Le seul truc qui pouvait sauver ma peau, et tant pis pour les dommages collatéraux (je pense notamment aux dommages irréversibles que j'ai infligés à l'égo de numéro 3). Le seul truc qui m'est venu à l'esprit. J'ai fait mon coming-out.

témoignage de lester hartlebury (policier). ❝ Ce bon vieux Dag ? Ouais, il ne va pas fort en ce moment, sa femme l'a quitté... Il a triste mine le pauvre. J'en parlais avec des collègues l'autre jour, c'est vraiment moche tout ce qui lui arrive ; parce qu'en plus ses parents ont disparu : il n'a pas de nouvelles d'eux depuis un moment et il s'fait un sang d'encre. Et... J'veux dire, j'les aime mes vieux moi et tout, 'fin comme un gars de mon âge aime ses vieux, vous voyez, et quand j'vois comment ça le torture, Dag, de pas pouvoir discuter de tout ça avec les siens, ah ça m'en fout un coup... Parce qu'il a plus personne pour le réconforter ! Les collègues et moi ça nous peine tellement que l'autre soir on l'a invité à boire un verre, avec d'autres collègues à lui. Mais bon, honnêtement, les cols blancs comme lui, j'ai du mal à les supporter d'habitude. Ils nous prennent de haut mais nous lèchent le cul dès qu'ils ont besoin d'une info - aucune classe ces types, aucune. Lui il est pas comme ça. On sent bien que c'est un honnête gars. Ouais ouais, c'est sûr, 95% de ses clients sont des ripoux, et j'trouvais ça étrange aussi au début, mais il m'a expliqué. En fait, c'est juste qu'il a une sorte de complexe, 'fin j'sais pas comment expliquer, il manque d'assurance, et il ose pas trop défendre des innocents et des gens biens, parce qu'il ne supporterait pas l'idée de ne pas réussir à prouver leur innocence justement. Comment, l'incident de l'oiseau ? Ah mais ça c'est à cause de sa femme. Ouais elle avait un oiseau, et il le supportait pas l'oiseau, mais il disait rien, pour lui faire plaisir à elle. Là il a juste craqué. Ça se comprend. Parfaitement. Non mais, c'est fou ce qu'une femme peut nous pousser à faire. Et puis, comme il l'a lui même souligné, son matou à lui il te tue une dizaine d'oiseaux par jour, et personne n'dit jamais rien. Ah ça non ils ferment tous leur gueule, vous pouvez en être sûr. Et si lui a le malheur d'en zigouiller un juste une fois, presque sans faire exprès, ça y'est c'est la fin du monde ! Non mais il a raison, j'trouve ça dingue que la voisine m'ait appelé pour ça d'ailleurs. Z'imaginez si on nous appelait chaque fois qu'un oiseau se fait buter ? Non mais sérieusement on a mieux à faire. Et les bons types comme Dag méritent pas qu'on leur prenne la tête pour que dalle, nom de Zeus ! ❞

numéro 4
Numéro 4 était la seule qui m'a fait me sentir chanceux. La seule qui aurait pu choisir n'importe qui mais qui, pour une obscure raison, s'entêtait à vivre avec moi. La seule qui pouvait me prendre entre quatre yeux, et me parler sur ce ton monocorde qui me faisait bien plus flipper que si elle avait eu l'idiotie de me crier dessus. Numéro 4 était, sans conteste, la plus intelligente. La plus maternelle, également. Quand je me suis retrouvé à devoir élever une gamine, ma nièce devenue orpheline, c'est elle qui a retroussé ses manches, avant de retrousser les miennes - non seulement elle aurait pu porter le poids du monde, mais en plus de cela elle aurait pu me forcer à le faire à sa place. Numéro 4 m'a appris qu'on pouvait faire preuve d'humanité sans être complètement ringard, et elle a réussi à me contraindre à tellement de choses par sa simple force de persuasion que je me demande parfois si elle n'est pas limite magicienne, ou quelque chose dans ce goût là. Son tour de maître, celui qui a précédé son départ précipité, ça a été de m'inculquer le sens des responsabilités. Je lui en voudrai toujours pour ça, soit dit en passant.  


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