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 #3640 ▬ “i’m no angel, i’m not forsaken, but I can bleed„ (naomi)

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Lézardée
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MessageSujet: #3640 ▬ “i’m no angel, i’m not forsaken, but I can bleed„ (naomi)   Dim 4 Déc - 23:02

Presque à contrecœur, Dagher avait enfilé un costume qu’il portait peu car il le vouait à une utilité toute particulière, une utilité plus festive que ses habituels costumes sobrement élégants qu’il revêtait dans la vie de tous les jours. Maussade, il s’était observé fugacement dans le miroir de sa chambre – miroir qui allait de pair avec l’armoire, sans quoi il n’aurait pas pris la peine d’installer un tel accessoire dans cette pièce – en constatant avec un fond de satisfaction qu’il parvenait à avoir de l’allure même par inadvertance. Il n’avait jamais été très attiré par ce concept populaire « d’avoir la classe » mais quand cela se faisait de manière naturelle et non calculée, il devait bien admettre, au moins à lui-même, qu’il trouvait cela étonnamment agréable. Avec un dernier soupir, il avait quitté la chambre pour le salon, se gardant bien de déranger Naomi qui devait se préparer pour sa propre soirée de son côté, et avait saisi ses clefs de voiture qui traînaient, comme toujours, sur la table basse. S’il avait été de meilleure humeur, il aurait pu être excité à l’idée de perpétuer son petit cirque en bonne société, car il prenait véritablement un malin plaisir à railler ses interlocuteurs sans que ceux-ci nourrissent le moindre soupçon quant à sa prétendue bonne foi, mais à ce moment-là il n’avait qu’une envie : celle de débrancher le téléphone, fermer les volets, et regarder les derniers épisodes de Dexter qu’il avait enregistrés. La vie, ou plutôt la société, en avait décidé autrement. Aussi, ses clefs en main, il signale à Naomi qu’il s’en va – en forçant un peu sur sa voix afin d’être sûr qu’elle l’entende – et prend finalement la porte, plus grognon que jamais.

À une heure du matin, il était déjà de retour. Un sourire carnassier s’impose sur ses lèvres tandis qu’il gare sa Cadillac dans l’allée. Les nouvelles technologies le laissaient ordinairement de marbre, mais il ne regrettait pas l’achat de son nouveau téléphone portable high-tech, dont l’application révolutionnaire qui permettait de simuler un appel lui avait sauvé la mise à de trop nombreuses reprises. En l’occurrence, il avait prétendu qu’il s’agissait de Naomi, qu’elle se trouvait à une soirée de Nouvel An qui avait mal tourné, et qu’il devait à tout prix partir à sa rescousse. Non seulement il avait pu se tirer de la petite sauterie à laquelle il avait été aimablement convié de bonne heure, mais de surcroît tout son petit public avait applaudi son sens des responsabilités et du sacrifice : c’est vrai, il n’avait même pas l’air fâché et semblait juste légèrement inquiet, ce qui était également tout à son honneur. Après avoir serré deux-trois mains et esquissé quelques signes de main en direction de femmes à lesquelles il n’avait visiblement pas envie de faire la bise une seconde fois, il s’était donc enfui comme un voleur, ou plutôt comme un avocat sans foi ni loi, ce qui revenait à peu près au même.

À présent, il se trouvait donc confortablement logé sur son canapé, son chat borgne effectuant des acrobaties tout autour de lui dans l’espoir vain de détourner, ne serait-ce que momentanément, l’attention de son maître de la télévision. Un verre vide de vin trônait sur la table basse, juste à côté des clefs de voiture, depuis longtemps délaissé au profit de la bouteille, que Dagher gardait précieusement en main – la poser quelque part aurait constituer un effort inutile, puisqu’il portait la bouteille à ses lèvres toutes les dix secondes. Il était pourtant déjà bien éméché, et n’aurait même pas dû rentrer chez lui en conduisant, mais il savait qu’il tenait plus ou moins bien l’alcool et que, s’il l’avait voulu, il aurait tout à fait été capable de faire la roue, là, maintenant, dans le salon, sans casser quoi que soit – c’est-à-dire ni les meubles, ni ses vieux os. Tout en admirant la technique sans faille de Dexter pour démembrer soigneusement un cadavre, l’avocat s’interroge : C’était quand, déjà, la dernière fois qu’il a fait la roue ?

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MessageSujet: Re: #3640 ▬ “i’m no angel, i’m not forsaken, but I can bleed„ (naomi)   Dim 4 Déc - 23:02

La soirée battait son plein. Littéralement. Naomi n'était plus que l'ombre d'elle-même et avait joué tous les rôles d'une carrière d'actrice. Alcoolique, névrosée, péripatéticienne, chanteuse et danseuse - pour ne citer que les principaux. Seulement, maintenant que le compte à rebours de la nouvelle année était passé, elle s'ennuyait ferme. Et avait envie de vomir. Et de dormir. Et d'aller aux toilettes. Elle aurait d'ailleurs aimé pouvoir faire tout ça en même temps, mais les étudiants qui l'entouraient aurait peut-être été choqués par ce final digne d'un concert de Lady Gaga. Trop saoule pour conduire, elle supplia un geek qui traînait là de la raccompagner chez elle, persuadée qu'il était trop raisonnable pour avoir bu autant que les autres. Sombre erreur puisque le véhicule faillit se retrouver plusieurs fois dans un fossé en vingt kilomètres de trajet. Elle s'échappa de l'automobile à l'instant où elle aperçut le début de Lemon Street et fit toute la rue en vacillant. Au moins, si elle s'écroulait, ça serait sur le gazon d'un voisin.

C'est presque en titubant que la blonde passa le portail d'une demeure qu'elle connaissait désormais par cœur. S'arrêtant près de la boîte aux lettres, elle hésita un instant à se forcer à régurgiter le contenu de son estomac sur la pelouse fraîchement tondue par un adolescent du voisinage qu'elle avait séduit pour lui rendre service ; mais, fidèle à elle-même, détestant se forcer à quoi que ce soit, elle entrepris de marcher avec le plus de grâce possible jusqu'à ce qu'elle atteigne sa chambre. Une chambre où elle pourrait enfin enlever cette robe qui la grattait, vomir dans le lavabo si elle le voulait, et surtout s'endormir pour quinze heures d'affilée. Il était tôt, aux alentours des une heure trente du matin, et elle espérait secrètement que son associable de colocataire soit encore à sa soirée mondaine, ivre et sur une table en train de faire un discours d'avocat ennuyeux à mourir ; ainsi elle n'aurait pas à le croiser et à prétendre avoir été raisonnable à la sienne. Mais le destin sembla en décider autrement puisque, à peine après avoir ouvert la porte d'entrée, le bruit de la télévision lui parvint aux oreilles. Elle faillit pousser un juron en français mais Dagher entendait tout, absolument tout, et se méfiait également de tout, surtout quand ça la concernait. À vrai dire, elle ne savait même pas comment se comporter pour qu'il ne la soupçonne pas d'être pompette. Ne rien dire et fuir discrètement ? Il s'interposerait entre elle et l'escalier. Se lancer dans une conversation particulièrement loquace ? En tant qu'avocat accompli, il sentirait la ruse à plein nez. Non, vraiment, il était trop doué pour ne rien voir, surtout qu'après tant d'années de vie commune il la connaissait certainement par cœur. Il lui fallait pourtant agir, et Naomi opta pour la solution qui lui paraissait la plus sûre. Elle se débarrassa de son manteau et de ses escarpins puis, sans rien dire, se lova contre le cuir du canapé, à l'opposé de son colocataire. Ils partagèrent quelques instants de silence, puis la jeune femme posa sa tête sur l'accoudoir, désireuse de cacher sa nervosité et le sourire qui déformait désormais ses lèvres. Elle était ivre, elle était sûre qu'il n'en ferait pas tout un drame, mais elle était dans une période où elle souhaitait montrer à Dagher qu'elle commençait à mûrir et agir comme une gamine ne l'aiderait sûrement pas à défendre sa cause. Soudainement, un sourire presque vicieux au coin, elle déclara à une vitesse impressionnante : « Je dois être la seule à approuver la relation Dexter/Debra dans la dernière saison. » Et voilà, sans savoir pourquoi, elle se sentait encore plus honteuse que lorsqu'il l'avait surprise en sanglots devant la fameuse chanson de Jacques Brel, « Ne me quitte pas », dont elle connaissait les paroles par cœur. S'enfonçant encore plus, croyant probablement faire le contraire, elle ajouta : « Rien ne vaut un peu d'inceste quand ça tourne en rond. » Un léger rire de sa part finit de plomber l'ambiance - déjà inexistante. Naomi n'en revenait pas de ce qu'elle venait de dire. Elle leva les yeux au ciel et se recroquevilla encore plus sur elle-même, priant pour disparaître d'un coup de baguette magique.

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MessageSujet: Re: #3640 ▬ “i’m no angel, i’m not forsaken, but I can bleed„ (naomi)   Dim 4 Déc - 23:03

Plus alerte que la plupart des chiens, Garnett avait relevé la tête, détournant momentanément son attention de son maître, au moment où Naomi s’approchait de la porte. À la fois concentré sur sa série et distrait par ses pensées, Dagher n’était pas à même de prêter attention aux agissements de son chat borgne, et ce n’est qu’en entendant le mécanisme de la poignée de porte s’enclencher qu’il comprend que quelqu’un s’apprête à entrer. Il reste cependant fixé sur l’écran de télé, se doutant qu’il s’agit là de Naomi. L’idée ne lui vient même pas de s’enquérir de son état, ou de lui demander si sa soirée s’est bien passée – il aura bien le temps pendant une des innombrables pauses de publicité, même s’il aurait tout aussi bien pu arrêter son visionnage au moment où Naomi était rentrée puisqu’il lui suffisait pour cela d’appuyer sur le petit bouton avec les deux traits verticaux de sa télécommande (mais clairement cela ne lui était pas venu à l’esprit). Et finalement il daigne la lorgner du regard quand elle prend la parole, commentant la relation entre Dexter et Debra. Un sourcil froncé, Dagher se met alors à l’observer minutieusement, perdant un peu d’intérêt pour sa série. L’attitude de Naomi avait quelque chose de particulier et, s’il commençait déjà à se douter de quelque chose, il n’était pas encore capable d’affirmer en étant sûr de lui qu’il s’agissait bien de ce à quoi il pensait. Ce n’était pas tant les paroles qui sortaient de la bouche de la jeune fille qu’ils trouvaient étranges : les mêmes mots, prononcés sur un autre ton, avec une expression faciale différente, seraient passés comme une lettre à la poste. Il y avait autre chose. Quand elle se met à parler d’inceste, l’avocat ne peut s’empêcher de la couver du regard d’un air mi-sarcastique, mi-indulgent, ce qui donnait pour résultat quelque chose d’assez condescendant. « Tu penserais sans doute différemment si tu avais eu un frère – ou une sœur. » déclare-t-il d’une voix posée et légèrement amusée. Lui-même ne comprenait pas bien en quoi l’inceste se devait d’être un tel tabou. Dans Game of Thrones ça n’avait l’air de choquer personne, bien au contraire - ce qui finissait de le convaincre que les gens étaient de sales hypocrites, quand même. Mais pour l’heure, il a mieux à faire que de se perdre dans un débat stérile avec lui-même. Scrutant sa colocataire du regard, il appuie machinalement sur le bouton pause de sa télécommande et se redresse sur son séant, avant d'incliner légèrement son buste dans sa direction. « Naomi Emma Coline Blatherwyck… Seriez-vous ivre ? » Un sourire ravi s’empare de ses lèvres, sourire qu’il cherche à réprimer autant que possible puisqu’il s’efforce tant bien que mal d’adopter une attitude quasi-paternelle. Pour une fois que c’est à lui de jouer le rôle du parent responsable dans cette baraque, il ne va pas s’en priver.

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MessageSujet: Re: #3640 ▬ “i’m no angel, i’m not forsaken, but I can bleed„ (naomi)   

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