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  “cold love„ (reagan)

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Lézardée
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MessageSujet: “cold love„ (reagan)   Dim 4 Déc - 23:05

“COLD LOVE„

ft. Reagan Williams & Dagher Nystrand
gifs par anberlyn & lizayzay @ tumblr


Il avait voulu faire les choses bien. En parfait petit gentleman appliqué, il avait réservé non pas une limousine (trop bling-bling) mais une Mercedes-Benz s550, avec chauffeur, et surtout avec vitres teintées. S’il y a une chose à laquelle Dagher Nystrand tenait tout particulièrement, c’était bien la discrétion et l’anonymat ; d’autant plus que la petite virée qu’il avait prévue avec Reagan ne s’effectuerait probablement pas sans dommages collatéraux et, dans son immense sagesse (hum), il avait anticipé le coup. Si la compagnie de la jeune femme lui était terriblement agréable – trop sans doute – et s’il appréciait pleinement pouvoir être lui-même, le temps de ces quelques heures passées avec elle, il avait bien conscience que ce véritable ‘lui-même’ ne lui ferait pas bonne publicité - et il préférait éloigner autant que cela était possible sa vraie nature de Miami. Non seulement parce qu’il préférait garder Naomi à l’abri de certains aspects de sa personnalité, mais surtout parce qu’il ne tenait pas à ternir son image en cette période électorale. Alors il avait pris une réservation dans un restaurant d’une ville située à une petite demi-heure de Miami, en utilisant un pseudonyme quelconque, peu désireux de dévoiler son identité à tout le personnel de l’établissement. Il ne lui venait pas encore à l’esprit qu’il courrait à la catastrophe avec toute cette histoire de candidature à la mairie. Il ne lui venait pas encore à l’esprit qu’il allait détester perdre son anonymement, et son petit confort d’inconnu. Il ne lui venait pas encore à l’esprit que ses efforts désespérés pour sauver sa peau (et son âme optionnellement) ne seraient pas récompensés tant quen parallèle de cela il continuerait de glisser sur la même mauvaise pente que celle qu’il avait commencé à emprunter il y a de cela des années déjà. Dagher Nystrand n’avait, au fond, rien compris à la vie. Il s’en rendra compte, tôt ou tard – plutôt tard que tôt, si vous voulez mon avis.

Ce n’est pas l’habituel Dagher Nystrand en costard-cravate et à la chevelure bien séparée par une raie bien nette qui sort de la Mercedes devant la maison de Reagan Williams. Ses cheveux rebelles sont laqués en arrière, et il porte un vieux mais indémodable blouson de cuir noir par-dessus un maillot sans manches de la même couleur. Il avait également enfilé un jean, pour la première fois depuis bien longtemps – hors de chez lui, il ne portait que des costumes, et au sein de sa propre demeure il se contentait de joggings élimés. Embrassant rapidement mais efficacement les alentours du regard, il vérifie que personne ne l’a remarqué avant de se diriger vers la porte d’entrée de la jeune femme, plus par réflexe qu’autre chose. Il sonne. De l’autre côté de la porte lui parviennent des bruits divers, signes de présence humaine. Il attend sagement jusqu’à ce que Reagan surgisse dans l’entrebâillement de la porte. Un demi-sourire s’impose sur ses lèvres, tandis qu’il se borne à lâcher un laconique : « Prête ? » avec au fond des yeux une lueur de malice qui s’était faite rare ces derniers temps.

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MessageSujet: Re: “cold love„ (reagan)   Dim 4 Déc - 23:05

Encore quelques mois plus tôt, Reagan n'aurait pas réussi à imaginer le simple fait que sa vie puisse prendre de pareils tournants. Tout avait bien changé, depuis lors. Le temps avait filé à une vitesse excessive, laissant derrière lui de simples souvenirs, des instants qui resteront pourtant ancrés dans les mémoires. Le quartier jovial d'Ocean Grove avait, comme à l'habitude, connu son lot d'agitations et de perturbations. Mais ce n'était plus des choses auxquelles la presque trentenaire faisait attention. Depuis son arrivée à Miami, elle avait eu tout le temps nécessaire pour s'habituer à ce genre d'anecdotes qui étaient devenues des plus ordinaires en ce lieu. Un voisin qui fait du trafic d'organes ? Vu. Une quinquagénaire qui garde le corps de son mari dans son frigidaire ? Vu et revu. Un maire qui installe des caméras dans les habitations de la ville ? Les habitants du quartier avaient eu le loisir d'y goûter ! Reagan ne se souciait plus réellement de tous ces évènements survenus, sachant pertinemment que là n'était pas la dernière de leur surprise. Ce n'était pas là ce qui rendait sa vie différente. Elle s'était habituée à cette vie semée d'embûches et de découvertes des plus étranges. En revanche, elle ne s'était pas habituée à sa perte. Un simple accident. Un tragique accident qui lui avait oté la vie, en quelques instants. Reagan ne s'était pas attendu à cela. Cela l'avait touché bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé et encore une fois, elle s'en était voulu d'avoir fini par s'attacher. Après tout, c'était bien là la preuve que s'attacher aux autres n'apportaient, au final, que des souffrances supplémentaires. Il ne le méritait pas. Mais pourtant, c'était arrivé. Parfois, Reagan se surprenait à penser que peut-être, elle aurait pu faire quelque chose pour empêcher cela. Qu'elle aurait pu le sauver. Puis, elle finissait par revenir à la raison et réaliser que personne ne pouvait jouer contre le hasard. Neo s'était envolé et elle ne pouvait rien faire pour changer cela. Alors, elle essayait de ne pas se laisser abattre par tout cela, même si c'était dur, de continuer à vivre au mieux. Inconsciemment, Dagher l'y avait grandement aidé. Dagher était au fond, comme une sorte de prince charmant, toujours là au bon moment pour sauver sa princesse. Il avait été présent pour elle au moment où elle avait besoin de lui. Cela avait toujours été comme cela. Depuis leur première rencontre, il y a maintenant bien des années, Dagher avait toujours su être là aux moments les plus opportuns. Et Reagan commençait à croire que tout cela n'était pas qu'une question de hasard. C'était bien plus, à ses yeux. Même si elle ne se l'avouait pas encore, c'était différent de tout ce qu'elle avait pu ressentir auparavant. Leur relation n'était peut-être pas exclusive, mais elle n'en était pas moins sensationnelle. Alors que la sonnerie de la porte d'entrée retentissait, Reagan finissait de s'activer, enfilant un manteau et des talons aiguilles. Cette soirée promettait d'être sublime. Elle n'avait pas eu l'occasion de sortir de telle manière depuis son dernier mariage et les sorties organisées avec Dagher avait don de la réjouir. Elle avait l'impression, de vivre, à nouveau. D'exister, au moins pour quelqu'un. Ouvrant alors la porte, c'est un Dagher à la fois classe et décontracté qui se dessina devant elle et immédiatement, un sourire ravi se dessina sur les lèvres de la blonde. C'était un accoutrement qui allait à merveille au futur maire de Miami, elle en était persuadée, et elle n'avait jamais eu l'occasion de le voir habillé de telle façon auparavant. Elle avait donc droit à une certaine exclusivité. Dagher avait un don certain pour rendre l'institutrice meilleure. Lui seul réussissait à obtenir d'elle des sourires qui n'étaient pas de guise sur son visage à l'habitude fermé et froid. « Prête ? » Avec le même regard malicieux que son compagnon, Reagan l'observait, joyeuse. « Assurément. » Après avoir refermé la porte de la demeure, les deux amants retournèrent jusqu'à la voiture louée par Dagher, pour enfin y pénétrer. Reagan ignorait totalement l'endroit où il souhaitait l'emmener pour ce soir, mais, elle savait que cela ne pourrait être qu'une bonne surprise de toute manière. Ces dernières semaines, Dagher avait toujours su comment la chérir et lui faire plaisir, cela était parti pour suivre la même continuité. Une fois installée dans la voiture, Reagan observa quelques instants l'intérieur du véhicule avant de reposer son regard sur Dagher. « Alors, que penses-tu de l'avancée des élections ? Le verdict est pour bientôt, bien que l'on sache déjà tous que tu vas l'emporter la main haute. » Reagan était plutôt certaine de cela. Après tout, Dagher était le seul candidat plus ou moins pertinent et même si elle était persuadée que les habitants de la ville étaient tous des espèces d'imbécile, plus ou moins, elle espérait tout de même qu'ils soient tous dotés d'assez de logique pour élire le meilleur candidat, qui était, sans aucun doute, l'agent immobilier.

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MessageSujet: Re: “cold love„ (reagan)   Dim 4 Déc - 23:05

Elle lui répond par la positive, et il lui tend aussitôt son avant-bras de façon exagérément galante ; un petit sourire ironique se dessine sur lèvres au même moment, indiquant bien que l'invraisemblance de la scène ne lui échappe pas. Si Dagher se plaisait à jouer le jeu de l'homme parfait en toutes circonstances, il ne prenait pas cette peine avec Reagan - ou, plutôt, il l'estimait suffisamment pour ne pas l'induire en erreur et chercher à la tromper sur son compte. Ils se connaissaient depuis trop longtemps et trop bien pour que son petit manège prenne avec elle, de toute manière. “ Tu es ravissante... ” souffle-t-il tandis qu'ils se dirigent vers la voiture louée par l'occasion. Ce n'est pas juste un reste, une vieille habitude ou un mécanisme rémanent, et s'il la complimente en partie parce qu'il s'est conditionné, il demeure une part de spontanéité et de sincérité dans ces trois mots qu'il lui susurre à l'oreille. Elle est réellement magnifique. Il devrait s'estimer chanceux d'avoir à son bras une femme aussi belle et intéressante. Il devrait être heureux de s'être attiré ses bonnes grâces et ses faveurs, mais il est trop insouciant pour cela, et se borne à profiter de l'instant présent sans se soucier de ce que l'avenir lui réserve. Ainsi, il ne lui viendrait pas à l'esprit de se projeter dans le futur, de songer qu'il ne doit rien prendre pour acquis, ou d'envisager de faire des efforts pour garder Reagan auprès de lui. Il ne réfléchit pas. N'appose pas de terme précis sur les évènements, les sentiments, les relations auxquelles il prend part. Tout cela est bien trop conventionnel et, dès qu'il quitte son lieu de travail, les mots l'ennuient et le blasent. Il croit en leur pouvoir, pourtant, mais part du principe qu'ils ne doivent servir qu'une visée argumentative. Aussi Dagher ne se pose pas la question de savoir si Reagan est une amie, une petite-amie, une connaissance, une alliée, une camarade de jeu, il s'en moque. Reagan est Reagan, Dagher est Dagher, et Reagan et Dagher passent du bon temps ensemble, point barre. Les mots ne doivent pas interférer. Car avec les mots viennent les engagements et les responsabilités, et ça, merci, il a déjà donné.

Son bras vient se glisser derrière les épaules de Reagan tandis qu'il l'escorte jusqu'à la Mercedes, dans un élan protecteur assez instinctif. Il embrasse les environs du regard, suspicieux au possible ; il n'a que méfiance et mépris pour tout le voisinage. De fait, il se sent bien plus à l'aise une fois qu'ils se sont tous deux réfugiés à l'intérieur du véhicule. L'avocat fait aussitôt signe au chauffeur qu'il peut y aller, avant de reporter son attention sur sa compagne. Ses lèvres s'arquent en un fin sourire quand la jeune femme se montre on-ne-peut-plus catégorique en lui faisant part de son opinion concernant l'issue des élections. “ Ne sous-estime pas l'influence des blondes peroxydées. Nous sommes à Miami, après tout - il s'agit de leur territoire. ” lâche-t-il, sarcastique et vaguement amusé à la fois. Il n'en revenait toujours pas d'avoir pour concurrentes une bande de blondinettes à peine majeures. Qui avait bien pu leur mettre dans la tête de se lancer dans des carrières politiques ? Est-ce que c'était une recommandation du dernier numéro de Cosmopolitan pour devenir une femme branchée ? Quoiqu'il en soit, il avait du mal à prendre au sérieux sa compétition. Même s'il doutait suffisamment des habitants de Miami pour imaginer qu'il était concevable qu'une des poupées barbie en viennent à remporter les élections. “ Cela étant, si le poste de maire échoit à une de mes concurrentes, j'ai prévu de plier bagage dans la journée pour retourner vivre à New-York. J'aime les bonnes plaisanteries comme n'importe qui, mais, à choisir, je préfère y assister de loin, et ne pas avoir y participer. ” commente-t-il en laissant son regard errer sur sur les sièges en cuir, avant de le braquer dans les yeux de sa partenaire de crime. “ Mais ta confiance en moi me touche. ” ajoute-t-il, et alors toute trace d'ironie disparaît. Difficile de dire s'il s'agit pour lui d'une manière comme une autre de clore sa tirade, ou s'il le pense vraiment. A-t-il déjà réellement été touché par quelque chose ?

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MessageSujet: Re: “cold love„ (reagan)   Dim 4 Déc - 23:05

« Tu es ravissante... » Un sourire sincère égaye les traits de la blonde face à ce compliment. Reagan n'est réellement pas habituée à tout cela, au point qu'elle ne sait plus réellement comment agir en sa compagnie. Quelques années auparavant, elle ne se posait pas cette question, se délectant de leurs rencontres malsaines sans que cela ne suscite en elle d'interrogations. Reagan ne s'intéressait pas tant à la conversation, autrefois, se contentant d'apprécier le plaisir des nuits passées avec lui, sans chercher à en obtenir plus de sa part. Sans chercher à lui plaire, ou non. Tout ce qui lui importait alors était de prendre son pied et de pousser le vice toujours plus loin. A présent, tout était bien différent. Rien que la situation en elle-même, l'était. Pour preuve, tous deux étaient à Ocean Grove, bien eloignés de leur ville natale. De plus, Reagan n'était plus mariée, libre comme l'air de faire ce qu'elle souhaitait. Leur relation n'avait plus rien de vicieuse, désormais, et cela était plutôt étrange, au final, au vu de leur passé commun. L'adrénaline n'était plus tant présente. Seul subsistait aux souvenirs d’antan, la discrétion dont leur relation faisait preuve puisque même s'ils se cachaient bien moins que lorsqu'ils étaient à New York, cette discrétion restait de rigueur pour l'agent immobilier, pour certaines raisons dont certaines plus évidentes que d'autres. Ainsi, Reagan se contentait de répondre par un sourire. Au final, elle se rendait compte qu'elle n'avait jamais eu l'occasion, réelle, de se retrouver dans de telles situations auparavant. Lors de ces précédentes aventures amoureuses (bien que l'amour était un bien grand mot connaissant son passé), Reagan avait toujours été celle qui menait la danse avec ses partenaires. Reagan prenait les décisions et tout cela lui paraissait si simple. Mais là, tout était confus. Avec Dagher, elle se contentait de vivre pleinement, d'essayer d'être naturelle sans que être naturelle ait réellement un sens pour elle. Et face à son éternelle insouciance, Reagan restait neutre, tentant vainement de ne pas laisser transparaître trop d'émotions, qui pourtant, étaient bien présentes. Les interrogations affluaient dans son esprit, mais elle se contentait de les garder pour elle, sentant bien que cela ne les mèneraient pas sur le meilleur des chemins. Peut-être, qu'au final, elle allait droit à l'erreur. Peut-être que tout cela allait finir par la mener droit dans le mur, bien qu'elle était encore loin de l'imaginer. Peut-être que son attachement pour lui serait loin de lui être favorable, finalement. Mais pour cela, elle finira bien par s'en rendre compte assez tôt. Ou plutôt tard que tôt.

« Ne sous-estime pas l'influence des blondes peroxydées. Nous sommes à Miami, après tout - il s'agit de leur territoire. » A son tour, Reagan affiche un petit sourire amusée tout en se rendant compte, qu'effectivement, ses concurrentes ne sont qu'une bande de blondinettes assez jeunes. Elle n'y avait pas fait plus attention avant sa remarque, mais cela l'amusait à présent, bien qu'elle aurait pu se sentir visée par la remarque puisqu'après tout, blonde, elle l'était aussi. « Cela étant, si le poste de maire échoit à une de mes concurrentes, j'ai prévu de plier bagage dans la journée pour retourner vivre à New-York. J'aime les bonnes plaisanteries comme n'importe qui, mais, à choisir, je préfère y assister de loin, et ne pas avoir y participer. » Hochant vaguement la tête, Reagan n'imaginait pas réellement que la possibilité qu'il perde les élections soient possibles. Confiante, elle avait suivi tout cela de plus ou moins près, étant donné que cela le concernait et au vu des discours et promesses des autres candidates, elle considérait que le programme de l'agent immobilier était le seul qui tenait réellement la route. Le seul qui était plutôt cohérent. Ainsi, elle ne se faisait pas tant de soucis par rapport aux résultats, bien qu'un doute subsistait toujours. « Mais ta confiance en moi me touche. » Avec un petit sourire, elle l'observe, ne sachant pas réellement comment comprendre cela. N'était-il pas normal qu'elle croie en lui, après tout ? Il lui avait bien assez prouvé avec les années de quoi il était capable, c'était donc tout à fait légitime qu'elle lui accorde une confiance aveugle et qu'elle croie en ses capacités. « C'est tout à fait normal que j'ai confiance en toi. Je connais tes capacités. Puis, ces blondes ont peut-être de l'influence auprès des idiots de première, mais tu n'imagines pas à quel point un homme aussi charmant que tu l'es peut faire son effet auprès de toutes les femmes du quartier. C'est à en rendre jaloux leurs maris. De toute manière, dans ce quartier, on ne peut compter que sur les apparences. Et un homme au pouvoir fait toujours meilleure figure, malgré tout. » annonça-t-elle, assez sûre d'elle. De par son métier, elle avait l'occasion d'entendre les mères de famille discuter entre elle et les élections étaient un sujet très récurrent ces derniers temps. « Tu feras un très bon maire, tu verras. » Cela aussi, Reagan en était persuadée. Dagher avait toujours su assurer, prendre les bonnes décisions et elle savait qu'il était capable de gérer tout cela sans grand problèmes. Puis, ne voulant pas passer sa soirée à discuter de politique, Reagan reporta son regard sur les alentours, alors qu'ils s'éloignaient du quartier d'Ocean Grove, puis, de la ville. Curieuse de connaître les plans de son amant, Reagan lui accorda un petit regard malicieux alors qu'elle affichait sa curiosité : « Alors, où est-ce que tu m'emmènes ? J'en suis bien curieuse. » avoua-t-elle, espiègle.

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MessageSujet: Re: “cold love„ (reagan)   Dim 4 Déc - 23:06

Son regard, aiguisé, affûté, navigue de Reagan jusqu'à la vitre teintée de la Mercedes Benz. Le quartier d'Ocean Grove s'efface peu à peu de son champ de vision, et il accueille cette disparition avec un léger soupir de contentement. À son arrivée ici, il avait vu dans ce quartier une espèce de terrain vague qu'il pourrait transformer en terrain de jeu, un espace inutile peuplé de créatures insignifiantes dont il n'avait que faire et dont il était libre de disposer à sa guise. Durant neuf années successives, il avait vécu à New-York, et cette vie-là était soigneusement cloisonnée, et le jeu de rôle auquel il s'adonnait était devenu, avec le temps, trop sérieux, trop épuisant, trop risqué. À la fin, il n'en pouvait plus. Derrière le costume du caustique et puissant avocat, derrière le masque de requin, il y avait un homme qui s'asphyxiait progressivement et avait cruellement besoin d'un break. Ce break, il l'avait obtenu suite à son divorce. De là à dire qu'il avait provoqué ce dernier, il n'y avait qu'un pas. Était-il seulement conscient de tout cela ? Ou bien est-ce que tout le dessein de son existence lui échappait, parce qu'il n'avait jamais pris la peine de prendre du recul en cherchant à comprendre et analyser ses actes rétrospectivement ? Dagher Nystrand n'avait jamais été ce type d'homme qui aime plonger dans les méandres de son subconscient, son moi profond et toutes ces conneries psychanalytiques ; la masturbation intellectuelle, ça n'avait jamais été son truc. Il dédaignait, en réalité, tout type de masturbation. Ses lèvres fines s'arquent soudainement en un sourire équivoque quand Reagan mentionne ses capacités. Effectivement, elle les connait bien. Il y a voit là plus d'allusions que ce que l'institutrice avait voulu faire passer. Et c'est justement ça que Dagher trouvait contradictoire : si elle savait si bien de quoi il était capable, dans le meilleur comme dans le pire, pourquoi estimait-elle qu'il ferait un bon maire ? Elle devrait savoir, mieux que quiconque, que tout ce cirque ne serait probablement pas une bonne chose, et que les conséquences pourraient être inespérément bienfaitrices pour tous tout comme elles pourraient être dévastatrice pour tous. « J'espère que tu dis vrai. Malheureusement, mon charisme est encore loin d'être infaillible, ma voisine me déteste toujours autant. Ceci dit, elle ne doit pas avoir tant d'influence que ça au sein du quartier – c'est impossible d'accorder un quelconque crédit à quelqu'un qui porte autant de fond de teint. Mais vraiment, c'est à se demander ce que j'ai bien pu lui faire à cette pauvre bonnefemme… » Il termine son anecdote sur un ton légèrement plaintif, comme un gamin en quête de compassion. Dès la première semaine qui avait suivi son emménagement, l'avocat avait rencontré quelques soucis avec sa voisine, Edna Barwick. Elle avait appelé les flics, lorsqu'il avait shooté un oiseau qui passait par là. Leur relation n'avait cessé de se détériorer par la suite. Principalement parce que cette pauvre Edna subissait jour après jour des plaisanteries de moins en moins drôles et de plus en plus graves. Dagher n'avait pas à se demander ce qu'il avait bien pu faire à cette pauvre bonnefemme. Il le savait pertinemment. Elle n'avait jamais réussi à réunir de preuve contre lui – il serait bien malheureux qu'un avocat de renom laisse derrière lui des indices que même une mégère lobotomisée par Real Housewives et Keeping Up with the Kardashians était en mesure de récolter. Mais elle était intimement convaincue qu'il était la source de tous ces maux, et plus rien ne pouvait ébranler cette conviction. Pas même le charme suédois de Dagher Nystrand, qui ne tentait même plus d'arranger son cas, et préférait au contraire faire mumuse avec cette haine grandissante qu'il avait provoqué chez elle. Il hoche doucement la tête en signe d'assentiment, lorsque Reagan déclare que tout est affaire d'apparences à Ocean Grove – il ne pourrait être d'avantage d'accord avec elle. « C'est assez curieux, d'ailleurs… Cette histoire d'hommes au pouvoir. Le fait est que les hommes, statistiquement parlant, préféreront toujours voter pour un homme, et répugnent secrètement – tellement secrètement que parfois ils n'en ont pas conscience – l'idée d'être gouvernés par une femme. Le problème, c'est que les femmes aiment encore moins que les hommes l'idée d'être gouvernées par l'une des leurs. Il y a quelque chose de particulier, chez les femmes, dans la façon qu'elles ont de se considérer les unes par rapport aux autres, qui est fascinant et effrayant à la fois. Vous êtes définitivement des créatures terriblement complexes et intrigantes… » souffle-t-il en détachant graduellement de la vitre son regard, qui se fait alors pétillant en fondant sur la silhouette gracieuse de Reagan installée à ses côtés sur la banquette. Il se faisait souvent la réflexion qu'il n'aurait jamais eu l'énergie d'être une femme. Outre le fait que la société imposait à ces êtres particuliers d'arracher environ quatre-vingt-quinze pour-cents des poils de leur corps, sans faire étalage des caractéristiques physiologiques inhérentes à la condition de femme, notamment ce symptôme particulier qui survenait une fois par mois qui donnait l'impression de faire de leur vie un enfer pendant quatre ou cinq jours, il n'aurait tout simplement pas eu le courage. Il n'était pas tant question du courage d'affronter les hommes en tant que femme (ce qui restait faisable malgré tout ce que certaines féministes semblaient vouloir faire croire) mais bel et bien d'affronter les femmes en tant que femme. Car là résidait le véritable challenge. « Tu feras un très bon maire, tu verras. » Il lui sourit, il a l'air sincère ; sincère et aimable, sincère et aimant. Il ne dit rien, et se contente d'attraper sa main ; pourquoi ? Il ne le sait pas vraiment. Ce geste lui semble répondre au mieux à la confiance que la jeune femme plaçait en lui. Il ignorait s'il s'agissait une nouvelle fois d'un jeu pour lui, ou si au contraire tout cela était naturel. Car le problème, finalement, c'était que le jeu était devenu naturel, et que son instinct lui-même le poussait à ces improvisations théâtrales qui en venaient à le caractériser. « Alors, où est-ce que tu m'emmènes ? J'en suis bien curieuse. » La malice de Reagan le contamine, et se manifeste par son équivalent chez le trentenaire qui, à défaut de pouvoir arborer un sourire gentiment espiègle, découvre légèrement sa dentition parfaite en un rictus un brin carnassier. « Chaque chose en son temps, tu verras bien en temps et en heure… On ne devrait pas attendre bien longtemps. D'ici une vingtaine de minutes, tu sauras à quoi t'en tenir… » répond-t-il, mutin, taquin. Mais il est trop impatient pour faire durer bien longtemps le suspens. « Tu te rappelles, il y a des années de cela, de notre week-end à Homestead... ? » lâche-t-il par la suite, feignant l'insouciance, lâchant doucement la main de la jeune femme tout en plantant son regard dans le sien, un sourire à la fois amusé et nostalgique au visage.

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