...
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

  Ain't no big deal, it's innocent.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Lézardée
you certainly don't want to mess with the |TASMANIAN DEVIL|

NOMBRE DE MESSAGES : 292

MessageSujet: Ain't no big deal, it's innocent.   Dim 4 Déc - 23:14

Louise avait beau venir de New York, elle fonctionnait à l'énergie solaire. Déménagé à Miami lui avait imposé bien des contraintes, mais elle ne se plaignait cependant pas de la température. Par contre le mois de février avait quelque chose d'un peu déprimant, pas vraiment l'hiver rigoureux et la neige, les température étaient clémentes, mais tout semblait désespérément gris, malgré le soleil qui apparaissait parfois. Depuis quelques jours, Louise souriait moins, c'était une de ces phases où elle n'avait pas vraiment envie de sortir, de faire la fête, de rire, elle préférait de loin se poser tranquillement sur son lit, bouquiner, écouter de la musique et réfléchir. Elle faisait cependant l'effort de venir à l'université pour suivre es cours. En faite, la criminologie passionnait la demoiselle, elle semblait avoir trouvé sa voix, ce que la comblerait, faute de pouvoir danser à nouveau au coeur du New York City Ballet. Mais comme à chaque fois, quand Louise traversait une de ses phases de dépression intense, peu de chose étaient capable de la tirer de là. Une fois de plus, la journée fut longue, ou du moins, sembla longue. Il était vingt heure trente, et, tout comme ses camarades, Louise n'avait plu qu'une envie : rentrer chez elle et prendre un bon bain chaud. Les cours venaient de se terminer mais il n'étais pas encore temps pour Miss Wittaker de regagner Lemon Street. Elle avait reçut un message, une heure plus tôt, de Cameron, plutôt claire : "amphi B, vingt heure trente". C'était là le rayon de soleil qui venait d'éclairer tout la semaine pourrie de Louise. Elle était en retard de quelques minutes seulement, un record pour celle qui avait habitué son amant à des retards de plus d'une heure parfois. Elle se dirigea d'un pas souple vers le lieu de rendez-vous. L'université se vidait peu à peu des étudiants, et ceux qui restaient ne faisait pas attention à la demoiselle, ce dont elle ne se plaignait pas.

Le couloir qui menait à l'amphi B lui était complètement désert, ce qui laissait à penser que Cameron avait bien préparé son coup. Cet homme était absolument incroyable, il arrivait toujours au bon moment dans la vie de celle qui était depuis quelques temps déjà sa petite amie. L'amphi était vide, Louise ferma la porte derrière elle. Sur l'estrade, Cameron rangeait ses affaires, c'était son dernier cours de la journée. La belle s'avança vers lui avec un sourire en coin. Il se tourna vers elle et la prit dans ses bras, déposant un baiser sur ses lèvres. Elle se blottit dans ses bras et ferma les yeux avec délice. Je peux dormir chez toi ce soir ? Molly est en France jusqu'en Mars. lui demanda-t-elle d'une petite voix. Ma Louise... C'est plus chez moi, c'est chez nous. Louise sourit, elle adorait qu'il l'appel comme ça. Leur relation était compliqué, il se prenait souvent la tête, mais c'était lui, en tout cas pour l'instant, il n'y en avait pas d'autre ans la vie de la belle. Quand Cameron quitta l’amphithéâtre, Louise s'installa à la place du professeur et se surprit à sourire comme une gamine. Tout n'allait pas mieux, mais Cameron Montgomery avait une fois de plus exercé sa merveilleuse influence. Elle sursauta en entendant la porte de fermer et se levant d'un bond en voyant qui venait d'entrer. Dagher Nystrand. Celui que Louise avait désigné comme son ennemi de l'année, tant qu'il continuerait de mettre son nez dans ses affaires. Il avait découvert la relation qui unissait l'étudiante à son prof de droit pénal, et Louise n'aimait pas ça du tout. Elle regretta immédiatement sa réaction spontanée, sauter ainsi de sa chaise avec un air de culpabilité affiché : on aurait dit une gamine prise en faute. Qu'est-ce que vous faite là ? question spontanée, mais qui ne faisait qu'accentuer la culpabilité qui se lisait sur les traits de Louise.

_________________
You think I'm crazy, you think I'm gone. So what if I'm crazy?
[ALL THE BEST PEOPLE ARE]

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Lézardée
you certainly don't want to mess with the |TASMANIAN DEVIL|

NOMBRE DE MESSAGES : 292

MessageSujet: Re: Ain't no big deal, it's innocent.   Dim 4 Déc - 23:14

Dagher prononce les quelques mots fatidiques et une certaine effervescence s’empare de la promotion ; certains rangent leurs affaires plus ou moins soigneusement tandis que d’autres se hasardent à commenter le cours qui vient de se dérouler, mais pas trop fort, car il s’agit de ne pas se faire entendre par le professeur. Il y a bien les éternels petits malins qui s’aventurent en bas de l’amphithéâtre et rôdent autour du bureau, dans l’attente vaine de pouvoir placer une petite remarque spirituelle, mais le regard que leur lance Dagher Nystrand ne les encourage pas à poursuivre, et ils passent leur chemin en songeant qu’ils tenteront leur chance au prochain cours, si leur professeur s’avère de meilleure humeur qu’à celui-ci. Ils éprouvaient certaines difficultés bien compréhensibles à cerner ce dernier. Parfois, il leur donnait l’impression trompeuse d’être un être accessible et agréable, un détenteur de savoir avenant et enthousiaste à l’idée de partager ses connaissances dans une ambiance décontractée et, presque, osons le dire, amicale. Et parfois, à l’inverse, ils se prenaient en pleine face cette distance implacable que Nystrand plaçait entre eux, et qui occupait presque physiquement l’espace, de telle sorte que certains élèves, les plus nerveux, les plus sensibles à ce genre d’attitude, ressentait une désagréable sensation d’étouffement qui ne prenait fin qu’au moment où ils quittaient enfin la pièce. Durant ces journées particulières, personne n’osait vraiment s’élever contre Dagher Nystrand. Personne ne cherchait non plus à attirer son attention, et encore moins à lui adresser la parole. Il n’avait pourtant jamais ouvertement menacé qui que ce soit, et personne n’avait reporté avoir eu de violentes altercations avec lui. Cette attitude générale relevait donc de l’anticipation ; c’était une mesure de précaution que tous, professeurs comme élèves, avaient tacitement convenu d’adopter lors de ces journées noires. Là résidait le pouvoir principal de Grim Dagher Nystrand : le pouvoir de convaincre le reste du monde, et cela simplement par le biais de ses postures, sa façon de se conduire et son inexpressivité, qu’il faisait partie de ces personnes avec lesquelles il vaut vraiment mieux ne pas déconner. Il n’avait même pas eu à faire de l’esbroufe. Il savait qu’il était dangereux, et parce que lui-même le savait, il n’avait aucun besoin de le démontrer : son assurance suffisait.

En dehors de ses heures de cours, tandis qu’il arpente les couloirs ou erre comme une âme en peine dans une salle réservée aux professeurs, il ne laisse échapper aucun grognement hostile à la Clint Eastwood comme certains étudiants avaient pu l’affirmer, mais se cloître au contraire dans un mutisme inflexible et glacial dont personne ne parvient à le tirer – en grande partie parce que personne n’ose vraiment essayer. Cela l’ennuie, au fond. Les grandes personnalités qui avaient pu marquer sa vie auparavant lui manquent. Il se prend même à regretter son ex-femme, la dernière en date, qui était la première à venir le titiller quand il était de méchante humeur. Dans sa vision bien égoïste et personnelle des choses, il estimait que si ses semblables l’avaient ignoré tout au long de la journée, c’est bien parce qu’ils ne prenaient pas assez la peine de s’intéresser à lui, de s’occuper de lui. Il ne réalisait que très partiellement l’effet qu’il pouvait avoir sur autrui quand il arborait en permanence cette expression faciale digne d’un mur en béton. Et il appréciait décidemment bien trop se renfrogner encore plus dans son coin pour admettre que si tout le monde se tenait à distance, cela pouvait être par respect pour sa tranquillité et son besoin flagrant de solitude.

En fin de journée, il se surprend à se sentir de meilleure humeur. Il darde même un sourire poli, à peine malveillant, vers une de ses collègues qui lui sert aimablement mais maladroitement une tasse de café – par inadvertance, elle en renverse un tout petit peu à côté, et manque de peu de tacher les chaussures de Nystrand. Sur le coup de vingt heures, quand vient enfin l’heure de rentrer chez lui, il se sent déjà plus léger. De l’extérieur, ce revirement paraît inattendu. Mais, encore une fois, il ne viendrait l’idée à personne de le questionner à ce sujet. Surtout, quand, vers vingt heures dix, il réalise qu’il lui manque une partie de ses affaires. Par pur plaisir, il passe dix minutes à s’exciter au sujet de prétendus voleurs, ses collègues sautant sur l’occasion pour se plaindre en chœur de la dégradation des principes moraux chez les jeunes d’aujourd’hui : c’était bien peu de choses, mais cette brève séance de lapidation avait remonté le moral des troupes, ressoudant le corps professoral qui en avait bien besoin. La vérité, c’est que Dagher avait très rapidement compris qu’il avait laissé les affaires en question dans l’amphithéâtre B où il avait donné cours le matin même, et, une fois le débat clos, il salue une dernière fois tout le petit monde avant de partir chercher son bien.

Quelle n’est pas sa surprise en avisant Louise Wittaker en bas de l’amphi, à la place où lui-même se trouvait ce matin-là. Et puis il se souvient avoir croisé Montgomery dans le couloir, et soudainement tout s’éclaire. « Je ne crois pas que vous soyez en position de me poser des questions, Mademoiselle Wittaker… » susurre doucereusement le professeur, en s’avançant lentement vers le bureau. « Et je serais même tenté de croire que, si question il doit y avoir, alors ce serait plutôt à moi de les poser. » Les mots employés sont courtois, mais le ton est ferme, et l’inflexion de sa voix a quelque chose de vaguement et indiciblement irrespectueux. Il s’arrête à mi-parcours, la toise du regard. Soudainement, ses yeux se mettent à briller, et la commissure de ses lèvres s’étire en un fin sourire. « Et si vous me permettez de vous adresser un conseil purement amical, car il est bien connu que j’ai les intérêts des étudiants de cette université très à cœur, j’aimerais ajouter que votre sens de la discrétion laisse à désirer et qu’il serait préférable que vous revoyez votre position sur les lieux propices à accueillir un rendez-vous amoureux. Certes, j’admire l’originalité et l’audace d’un choix tel qu’un amphithéâtre, mais de mon temps on préférait en rester aux bons vieux classiques tels que des toilettes condamnées ou un placard à balai, et je crois qu’il y avait une raison bien précise à cela. » Son sourire se fait nettement narquois tandis qu’il reprend son lent cheminement vers le bureau, car s’il a bien l’occasion de poursuivre cet échange verbal un moment encore, il n’en oublie pas son but premier : récupérer les copies qu’il a laissé dans le second tiroir en partant du haut.

_________________
You think I'm crazy, you think I'm gone. So what if I'm crazy?
[ALL THE BEST PEOPLE ARE]

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Ain't no big deal, it's innocent.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
My World :: FS :: Dagher-