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  ▪ heart on my sleeve ▪

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Lézardée
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MessageSujet: ▪ heart on my sleeve ▪   Dim 4 Déc - 23:23

❝ one minute I’m a little sweetheart
and next minute you are an absolute creep ❞

marina and the diamonds, tumblr ⇝ w/ g. dagher nystrand
Ses cheveux séparés en deux tresses peu distinctes puisque rassemblées en chignon, Tea avançait lentement au bord de cette plage déserte. Il ne faisait pas très chaud, vingt degrés tout au plus, température froide comparée aux dernières qui dépassaient la barre des trente. Cette plage, d’habitude bondée de familles entières, était nue. La tombée de la nuit en était pour quelque chose. Le regard posé sur ses pieds qui écrasaient précisément chaque grain de sable, chaque parcelle qui était à sa portée, elle ressassait un bon vieux cauchemar auquel elle n’avait plus songé depuis des lustres : c’était une histoire de sables mouvants, son mari était à côté d’elle, il lui tendait la main, mais elle ne parvenait pas à l’atteindre. Elle renforça la pression qu’exerçait sa main droite sur ses spartiates symboliquement défraîchies. A nouveau, son attention se porta sur la vaste étendue de sable qui se présentait à elle. Qui lui appartenait. Elle pouvait bien courir, tomber, se rouler en boule, creuser un trou. Tout lui était permit. Et elle fit toutes ces choses. Un rassemblement de hautes herbes recueillit finalement ses chaussures et son costume tout neuf de gladiateur qui glissa sur sa peau frissonnante. Elle enroula ses bras autour de son corps parcellement nu, un petit vent s’était soudainement levé l’obligeant à accélérer le pas. C’est donc en courant qu’elle parvint jusqu’à l’eau, les fesses dépourvues de tout tissus. Ses orteils furent les premiers à goûter à la douce fraîcheur de l’eau. Le contraste de température n’était pas flagrant, mais elle jugea bon de rentrer au plus vite dans l’eau. Elle jeta un énième coup d’œil derrière elle, comme si elle s’apprêtait à entrer dans un endroit d’où elle était certaine de ne jamais ressortir. Un sourire mesquin apparut sur ses lèvres colorées, ses derniers sous-vêtements gisaient non loin du bord et ils finiraient par être consumés par le sel, tout comme elle. Le retour jusqu’à chez elle ne l’inquiétait pas, non seulement parce que si jamais elle rentrait un jour, ce ne serait pas avant que tous les pochetrons aient tous retrouvés leur chez soi crasseux mais douillet et, accessoirement, elle avait fait teinter ses vitres de telle sorte que personne ne puisse deviner le visage de la personne derrière le volant. Il lui suffirait d’attraper son costume, de l’enfiler rapidement (bien que cela restait encore facultatif, ce n’était qu’au cas où quelqu’un s’aventurerait par-là) puis de rejoindre sa voiture. De toute manière, Tea n’était plus en état d’un quelconque stress passager. Elle s’était promise cette promenade, ce « bain de minuit » en solitaire, sans jamais n’avoir pu réaliser cette promesse depuis son arrivée à Ocean Grove. Mais ce jour était différent, c’était celui où ses envies importaient avant tout. C’est notamment pourquoi elle était vêtue en guerrière romaine (ou du moins ça y ressemblait fortement), ou encore pourquoi elle fit le tour du pâté de maison en se présentant et offrant ses services à qui le voulait bien. C’était son petit plaisir, d’avoir des jours, comme ça, où elle oubliait les tracas de la vie et se laissait aller sans penser aux conséquences avec une seule optique : le bien être. Et se baigner en faisait partie, c’était même l’aboutissement de cette longue journée, il marquait la fin de quelque chose de rare, d’exceptionnel, de délicieusement bon. Et même si elle n’était pas prête à dire au revoir à cette journée qui avait filée sans qu’elle ne puisse le voir, elle soupirait de joie en vue de ce moment, même s’il annonçait une fin proche.
L’eau parvint jusqu’à ses hanches puis finit par engloutir chacune des parcelles de son corps, sans exception. Elle resta un moment sous l’eau, observant le flou. Elle expira intensément, de telle sorte à retirer le plus d’air possible de son corps pour pouvoir se poser au fond de l’eau, sur le sable. Elle resta ainsi quelques secondes, juste le temps d’observer la lune. La vue était différente, intéressante, mais ce qui faisait d’elle une humaine l’obligea à remonter en surface. Ses cheveux s’étaient détachés, ou plus précisément, ses nattes ne cohabitaient plus ensembles et peinaient à toucher ses épaules. Elle se mit dos à la plage, préférant largement admirer l’immensité vertigineuse de l’eau. Elle pensait alors qu’elle aurait bien aimé aller jusqu’au bout, pour toucher le bord, l’extrême fin de l’eau. Petite, elle se plaisait à penser, à imaginer, à croire cela. Aujourd’hui, elle n’y pensait que peu souvent, surtout lors de ces journées particulières. Le reste du temps, elle se contentait de la regarder, de loin. La plupart du temps, Tea craignait la mer, la haïssait, la jalousait peut-être, parce qu’elle ne pouvait arriver à toucher le bout, à déceler le mystère. La plupart du temps, Tea se bornait à la frôler, cette mer qui représentait le parcourt de sa vie. Un parcourt que Tea voulait continuer d’ignorer.

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MessageSujet: Re: ▪ heart on my sleeve ▪   Dim 4 Déc - 23:23

Grim Dagher Nystrand avait toujours été un individu instinctif. C’était une créature impulsive, qui se fiait à ses ressentis et ses impressions plus qu’à sa logique ou sa raison. Dans une situation donnée, il agissait non pas en fonction de ce que son cerveau lui dictait, mais bien en accord avec ses tripes, et son intuition. Elles ne lui avaient, jusque-là, jamais fait défaut. De fait, l’avocat n’avait rien d’un cérébral. Il ne connaissait aucun penchant pour l’introspection, et tendait à vivre sa vie sans se soucier des conséquences de ses actes - ou plutôt devrais-je parler de dommages collatéraux ? Toujours est-il qu’il se fiait systématiquement à son instinct et laisser bercer par ses mouvements d’âmes, sans chercher à déterminer la provenance de ses derniers. Il l’ignorait, mais il était voué à l’échec : une telle conduite ne pouvait lui assurer une vie tranquille et bien rangée. Non seulement il n’était nullement à l’abri du danger, mais il se plaisait à provoquer soucieusement le destin, comme s’il cherchait inconsciemment à accélérer son déclin. Comme si son subconscient avait réalisé qu’il avait entrepris un voyage au bout de la nuit et se plaisait à précipiter les évènements, impatient de le voir enfin puni pour sa négligence et son laisser-aller. Mais tout cela se produisait si profondément en lui, à un endroit qu’il n’avait jamais daigné visiter, que Dagher ne se rendait compte de rien, et continuait son petit bout de chemin sans réaliser que celui-ci le mènerait à sa perdition.

Ceci dit, dernièrement, les tourments très intérieures de son inconscient tendaient à rejaillir sur son conscient. Il se sentait mal à l’aise, sans raison définie. Il ne comprenait pas, n’avait jamais cherché à comprendre. Il ressentait bien quelques sensations indistinctes, mais ne parvenait pas à mettre le doigt sur leur cause. Et puis il s’en moquait, comme il l’avait toujours fait. Et tout s’empirait. Le malaise qui l’habitait refusait de partir. Au contraire, il se faisait de plus en plus insistant. Et Dagher finissait par se sentir prisonnier, prisonnier de son propre cas, de sa propre âme dont il se sentait déconnecté. Tant bien que mal, il cherchait à la fuir. Ça le rendait fou. Et un soir, une nuit, ça l’a pris comme par surprise. Sans prévenir Naomi (qui dormait peut-être) il a quitté la maison, claquant la porte derrière lui. Il a roulé, roulé, sans trop savoir où il allait. En arrivant aux alentours de la plage, il s’est finalement décidé à s’arrêter – une envie soudaine, une brutale idée fixe qui s’était fermement emparée de lui. Il avait quitté la voiture, puis ses vêtements. Tous, sans exception. Il aurait voulu retourner à l’état sauvage. Courir, nager, fuir ce qui était accroché comme à lui comme une huître à son rocher. La mâchoire crispée, il se dirigeait vers la mer ; le sable crissait faiblement sous ses pieds, recouvert par le bruit d’une brise nocturne légère. Il voyait à peine devant lui. Sans trop savoir si c’était dû à la nuit, ou à sa fureur de vivre qui émoussait certains sens pour en exacerber d’autres. Il marchait comme s’il voulait écraser le sol sous lui, l’anéantir. Et puis il se jette dans l’eau. Il nage avec férocité, battant les vagues de ses bras puissants comme si elles étaient la cause même de son désarroi. Les pauvres ne lui avaient rien fait, pourtant. Et au bout d’un certain temps, cela pouvait être quelques minutes comme cela pouvait être quelques heures, il s’arrête, fend la surface et secoue la tête de droite à gauche, ébouriffant sa chevelure trempée. Ce n’est que quand il passe les doigts dedans, reprenant sa respiration, qu’il réalise qu’il a de la compagnie. Une femme, une belle femme, se tend là, à quelques mètres de lui. Il la fixe du regard. Il reste muet, et se contente de la dévisager, presque comme s’il la défiait du regard – oui, mais la défier de quoi ?

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MessageSujet: Re: ▪ heart on my sleeve ▪   Dim 4 Déc - 23:23

La présence d'un individus dans son champs de vision la perturba davantage qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle avançait lentement dans l'eau, engouffrait chacun de ses membres avec une timide légèreté, comme si elle hésitait. Pas pudique pour un sou, elle prenait un plaisir déconcertant à sentir le contact de l'eau froide contre son corps. Non, elle se sentait bouleversée de l'intérieur... comme si elle cherchait une raison à sa venue. Elle ne l'avait jamais vu ici avant et la curiosité de pourquoi enivrait chaque parcelle de son corps. Quand l'eau l'eut recouverte jusqu'aux épaules, elle trempa les points de sa chevelure dans l'eau à l'aide d'un petit mouvement de tête, puis elle tourna sur elle-même. Et alors, elle eut un besoin déconcertant à se rapprocher un peu plus. Grâce à son rituel, le parcourt jusqu'à l'homme qui ébouriffait ses cheveux s'était raccourci. Mais elle ressentait un violent besoin de venir toucher, de venir palper. Elle ne pouvait s'interdire de songer au corps nu du beau mâle qui trempait, comme le sien, dans la même eau. C'était comme s'ils partageaient quelque chose... Elle frémit. « Je ne vous ai jamais vu par ici. » dit-elle d'une voix claire, à l'adresse de l'homme. Son sourire naissant se crispa. « Je ne vous ai pas perturbé au moins ? » voulait-elle s'en assurer, car si c'était le cas, elle repartirait comme elle était venue et s'écarterait de lui, non sans peine.
Depuis le décès de son mari, jamais elle n'avait osé poser le regard sur un homme. Aussi beaux qu'ils puissent être, aussi imposants qu'ils puissent être, Tea s'interdisait tout coup d'oeil pervers. Elle ne recherchait aucun partenaire d'un soir et bien moins une personne avec laquelle construire un future, parce qu'il y avait bien longtemps qu'elle ne croyait plus en ce que certains appelaient « amour ». Elle, elle avait d'autres termes pour désigner ce sentiment qui l'avait ravagée, qui lui avait faire perdre son temps. Et dieu qu'elle ne supportait pas d'en perdre.
Elle arrêta son avancée et laissa le clapotement de l'eau bercer leur rencontre. Elle qui venait pour faire le vide, pour cesser de penser à tout ce qui la rongeait habituellement, là, elle ne pouvait détourner ses pensées de l'homme. Elle ne l'avait jamais vu par ici et brûlait de désir de connaître la raison de sa venue. Venait-il pour s'éloigner de la ville et donc de toute vie humaine, lui aussi ? Ressentait-il ce besoin virulent de prendre du recul par rapport aux autres, lui aussi ? Honteuse, Tea ne put calmer sa curiosité et dit, aussi naturellement que possible. « Que venez-vous faire dans ce coin si éloigné ? Un besoin de recul ? » Elle était franche, peut-être osait-elle trop, mais son but n'était pas de l'embêter, bien au contraire. Il s'agissait juste de combler un vide, voilà tout.

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