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  ✽ we are friends, are we not ? the very best.

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Lézardée
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MessageSujet: ✽ we are friends, are we not ? the very best.   Lun 5 Déc - 0:33

Exaspérée, égratignée, elle fulminait telle une enfant capricieuse dont le « non » définitif de ses parents avait suscité sa colère. Nikki replaçait une mèche rebelle derrière son oreille, vérifiant avec tact que sa boucle était toujours en place. Scintillante dans une robe destinée à l'occasion - le mariage mielleux d'une camarade - elle se plut à joindre ses mains dans un geste qui se démontrait solennel. Le seul hic était la présence du maire à ses côtés, forcé tout comme elle par son statut de collègue, de patron. Son regard voilé parcourait avec scepticisme la pièce sacrée. Mais celui-ci, en plus d'observer avec frénétisme chaque détail guindé, se plaisait également à se poser délicatement sur Dagher. L'animosité qu'elle lui portait était palpable, mais une ébauche de sourire narquois cachait cette dernière avec simplicité. Cette journée, peu glorieuse au moment même où sa paire de talons aiguilles avait claqué sur le sol, fut réanimée par un jeu puéril qu'elle se plaisait à partager en compagnie du suédois. Sa présence même dans un lieu sacré n'eut pas le don de calmer ses ardeurs, bien qu'aucun de ses coups bas n'eut l'effet escompté sur l'asperge blonde et titrée ici présente ce qui, au contraire de la lasser, suffit à raviver son penchant pour les situations décoiffantes.

L'apogée de la soirée était là, bien érigé devant son visage désintéressé, le couple s'apprêtait à faire sa grande entrée dans la salle décorée au goût des nouveaux époux. Les traits tirés, Nikki grimaçait en fixant une tenue informe qui n'était pas à son goût. Ni griffée, ni cintrée, une erreur qui ne cessait d'attirer son oeil intransigeant de modeuse de l'extrême. Véritablement outrée que de devoir supporter un tel affront à Vera Wang et sa fratrie de copains qui étaient bien capables d'habiller n'importe quel sac informe que comptait cette ville, l'héritière bifurqua vivement, parcourant quelques mètres. « Nystrand. » Elle ne l'avouerait probablement jamais et emporterait très certainement ce secret infâme au creux de sa tombe faite d'or et de diamant, mais Nikki semblait s'octroyer la présence du maire avec une satisfaction insoupçonnable. A vrai dire, bien qu'étant l'être le plus foncièrement chiant qui peuplait cette ville, il n'en restait pas moins le plus divertissant. Ses lèvres teintées de rouge s'apposèrent sur la coupe en cristal - qui n'en était pas - tandis que son regard limpide bifurqua sur un serveur se dirigeant d'un pas de maitre vers le nouvel élu. Il n'en fallu pas plus à Nikki pour observer là un signe porté par le destin, tandis qu'elle accéléra son propre rythme déjà soutenu. Une simple pression - apparenté à une caresse dans un premier temps - sur l'épaule du maire suffit à faire faillir son équilibre qui n'eut d'autre choix que de récolter de plein fouet la présence du serveur. Ce fut, avec les honneurs, que Nikki accueillit son cirque futile qui tourna court. En effet, et malgré toute la bonne volonté qu'elle mit à rester sur ses gardes. elle n'avait pas un instant imaginé la réaction en chaine qui s'en suivrait. Son bracelet luisant s'accrocha outrageusement aux manchettes de Dagher, bien évidemment un tel lien suffit à la déstabiliser elle-même et ses quinze centimètres de talons aiguilles suffirent à faire le reste. La silhouette frêle de Nikki s'évapora en compagnie de celle de Dagher dans un mea culpa digne d'un navet hollywoodien alors que les deux compères s'écrasèrent douloureusement sur une fontaine de chocolat.

« Connard. » fut la première insulte qui émana pour résonner contre le carrelage immaculé du lieu. « Couillon. » s'en suivit rapidement alors qu'elle frottait le cacao présent sur sa robe - fichue, elle en avait bien conscience. « Casse-bonbon. » vint ensuite avec une intonation toute particulière ainsi qu'un jet d'eau émanant du robinet toujours ouvert sous son nez. Nikki Odair était au bord de l’implosion alors que cette sombre histoire et cette fontaine de chocolat réduite à néant était sa faute à proprement parlé. Une erreur tactique qu'elle n'était cependant pas prête à concéder à son adversaire qui, elle devait l'avouer, avait plus de raison d'être furieux à son égard. « Bon tu dégages Nystrand, je vais pas me taper ta gueule toute la soirée quand même. Même pas fichu de faire attention.. » L'hôpital se fichait très certainement de la charité mais la présence du suédois à ses côtés ne faisait qu'attiser la dure vérité : tout était de sa faute. « Dagheeeer, Dagheeeer.. reprit-elle sur un ton mielleux censé imiter les électrices féminines de son ancien adversaire. Je t'en ficherai moi des Dagher. Miami qui trouve le moyen d'élire le cousin d'ABBA et la prochaine fois ce sera qui ? Dalida ? »

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MessageSujet: Re: ✽ we are friends, are we not ? the very best.   Lun 5 Déc - 0:34

Parmi toutes les activités que Dagher détestait, assister à un mariage faisait partie de celles qui l'insupportaient le moins, et c'est donc d'humeur seulement légèrement acariâtre qu'il se rendit, ce jour-là, au mariage d'une de ces collègues pour laquelle il éprouvait autant d'intérêt que pour le plant de courgettes que sa voisine faisait pousser dans son jardin, voire peut-être un peu moins – car il gardait en réalité un œil attentif et mesquin sur le plant en question, veillant bien à ce que celui-ci pourrisse et n'apporte aucune satisfaction à cette Edna Barwick qu'il avait toujours détestée. Lors de la cérémonie, il n'avait pas pu détacher son regard de l'heureux couple se passant les alliances au doigt, et le sourire sincèrement fasciné qui s'était alors dessiné sur ses lèvres n'avait pas manqué d'éveiller l'attention d'un certain nombre de jeunes femmes installées tout autour de lui, même s'il y avait fort à parier que leur émoi se serait retrouvé singulièrement émoussé si elles avaient eu vent des raisons qui poussaient le maire à sourire ainsi. Car Dagher Nystrand était captivé par ce spectacle si particulier avec la même fascination morbide que l'on peut ressentir quand on assiste à un terrible accident de voiture, et ce dont il se délectait tant c'était avant tout la certitude que ces deux jeunes gens étaient présentement en train de commettre la plus grosse erreur de leur vie, ce qu'ils allaient très probablement regretter jusqu'à l'heure libératrice de leur mort. Une fois la cérémonie terminée, il avait bien entendu adressé ses vœux de bonheur aux nouveaux mariés avec une hypocrisie si parfaite que la mariée en avait versé une larme. Exposé à tant de candeur et d'étouffante naïveté, Dagher avait alors été contraint de battre en retraite afin de se servir une dose d'alcool conséquente (dieu soit loué il avait pensé à amener sa fiole de whisky) qui s'avérait nécessaire s'il souhaitait survivre à la réception et garder le contenu de son estomac là où il se trouvait. C'est donc très légèrement nauséeux qu'il entre dans la salle louée à l'occasion et, instinct de survie oblige, il localise rapidement les issues de secours et les serveurs susceptibles de lui fournir des boissons alcoolisées. Il se surprend alors à avoir pour deuxième réflexe de partir en quête d'une tignasse blonde filasse familière, appartenant à une gamine mal-élevée qu'il ne connaît que trop bien, et s'il associe ce geste machinal à une forme élémentaire de prudence et de protection, il est néanmoins évident que son intérêt pour Nikki va au-delà de ça, et qu'il n'a au fond qu'un hâte : qu'elle déclenche les hostilités. Il la repère alors et se sent curieusement réconforté, mais son attention est aussitôt sollicité par une tierce personne dont il ne se souvient plus du nom (même s'il se souvient qu'il est censé s'en souvenir) et, trop occupé à hocher doucement la tête en maintenant un sourire crispé sur ses lèvres, il perd momentanément de vue son ennemie en talons aiguilles. Erreur fatale.

Sa main arrive sur son épaule comme au ralenti, il sent et devine sa présence avant même d'en avoir conscience, tout son être s'éveille de cette sourde torpeur dans laquelle il s'était plongé dès le début de la cérémonie, le jeu vient de débuter, il le sent, il le sait, et tandis qu'il se sent vaciller, entraîné par son propre poids et cette légère pression qui venait de lui coûter son équilibre, il se surprend à ressentir un mélange de colère noire, d'excitation et de joie profonde, une joie d'être enragé, une joie d'avoir quelqu'un à haïr, quelqu'un avec qui jouer, quelqu'un qui comprend à quel point c'est bon de détester et de torturer autrui, et son cœur manque un battement quand il parvient à entraîner Nikki dans sa chute, et jamais il n'oubliera ce bonheur suprême de lire cette expression sur son visage, quand elle réalise que son karma s'est visiblement retourné contre elle. Dagher ne s'y retrouve plus, perdu dans le pot-pourri de sensations qu'il éprouve, il ne sait plus s'il doit éclater de rire ou agripper Nikki par le poignet et l'admonester sévèrement, quitte à utiliser la violence si cela peut lui servir à retenir la leçon, parce qu'il est évident que la jeune femme n'a pas reçu assez de claques dans son enfance.

Il lui avait laissé le lavabo et s'était emparé du pommeau de douche reposant sur le robinet de la baignoire pour tâcher de nettoyer les traces de chocolat qui subsistaient malgré tout sur sa veste de smoking. Il doutait fort que le meilleur des pressings parvienne à rendre au vêtement sa couleur d'origine, et c'était plus l'énergie du désespoir qui le poussait à tenter de rattraper le tout qu'autre chose. Poussant un soupir las et levant les yeux au ciel à l'entente du vocabulaire fleuri de sa meilleure ennemie, Dagher repose finalement sa veste contre le rebord de la baignoire et entreprend de se nettoyer le visage et la chevelure, grimaçant alors qu'il amassait des quantités non-négligeables de chocolat qui s'étaient malicieusement logées un peu partout. Pourquoi diable avaient-ils eu besoin d'une fontaine à chocolat de toute manière ? « Casse-bonbons ? Vraiment ? Tu as quoi, cinq ans ? » lâche-t-il en poussant un nouveau soupir, avant de rouler les yeux sarcastiquement. De fait, cette hypothèse lui semblait on-ne-peut-plus valable dans la mesure où elle avait vraiment eu l'attitude d'une gamine de primaire ce soir – mais il n'en attendait pas moins de sa part. « Oui, parce qu'il est évident qu'en matière d'attention j'ai des conseils à recevoir de la part d'une gamine qui n'est même pas fichue de pousser quelqu'un correctement... C'est tout de même le b.a.-ba des dindes dans ton genre, il me semble ; alors quoi, tu as séché tes heures de travaux pratiques à l'école des apprenties bécasses parce que t'estimais que c'était plus important d'aller fumer des joints en cachette ? » Il se retient de justesse de pousser un énième soupir – c'est qu'il va finir par ne plus avoir d'air dans les poumons à se rythme, et ça serait triste, même pour lui, de littéralement mourir d'exaspération – et sort le pommeau de douche pour se rincer le visage directement, et tant pis si cela implique de tremper une partie du tapis ou le reste de la robe de Nikki (c'est pas comme si elle était à ça près, non ?). « Du reste, cette baraque est immense et doit comporter au moins une autre salle de bain, alors si ma gueule ne te revient pas, tu es toujours libre d'aller voir ailleurs si j'y suis. Je signalerais simplement que si ma tronche t'incommode tant, tu aurais mieux fait de t'en tenir éloignée toute la soirée - on ne serait pas obligés de se supporter mutuellement à l'heure qu'il est. » Et Dagher estimait clairement être le plus lésé dans cette situation, puisqu'il était irréprochable et que seule Nikki se montrait insupportable. Il lève une nouvelle fois les yeux au plafond quand celle-ci scande son nom ironiquement ; est-ce qu'il doit brandir le pommeau de douche dans sa direction pour la calmer et lui rafraichir les idées ? Il lui semble que oui – et il s'exécute aussitôt. « La jalousie ne te sied pas au teint ma chère Nikki, je sais que tu es dépitée d'avoir perdu face à moi – même si soyons honnêtes, tu n'avais aucune chance – mais j'avais naïvement pensé que tu ne t'abaisserais pas à de tels simagrées dignes d'une élève de maternelle. Je t'ai surestimée, j'imagine. » susurre-t-il en braquant sur elle un regard brillant accompagné d'un demi-sourire hautement sarcastique. « Sache néanmoins, et je suis navré d'avoir à te détromper, que les membres d'ABBA et moi-même ne sont aucunement liés, mais j'estime que tu as tes chances face à Dalida, puisque vous jouez clairement dans la même cour, ou plutôt devrais-je parler de bac à sable. »

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MessageSujet: Re: ✽ we are friends, are we not ? the very best.   Lun 5 Déc - 0:34

« Est-ce qu'il y a un moment dans une conversation ou tu te la ferme ? » questionna-t-elle en observant son reflet dans le miroir, fixant avec impétuosité cette carrure de sandwich américain dont elle ne craignait pas grand chose. Mais il lui semblait que le débit proférait par la grande tige scandinave était pire que celui d'une bonne femme ayant dépassée la cinquantaine, aussi ce constat alarmait Nikki plus que de raison. Devrait-elle supporter cet infâme blabla jusqu'au bout de la nuit ? Etait-il seulement capable d'enchainer deux mots sur un sujet sans passer 3h à l'expliquer ? Avait-il seulement l'étoffe d'un homme politique ? Nikki se plut à imaginer que oui, elle même bercée par ce blabla intempestif qu'elle sondait d'une oreille distraite. Après tout, les politiciens plus que de raison, savaient honteusement comme entourlouper leur population, à coups d'éloquence très mal placée. « Tu as fini ? Je veux dire, vraiment fini ? Tu te rends un peu compte de la façon dont tu parles des fois ? Tu jacasses encore et encore. » fanfaronna-t-elle en ne notifiant aucune des remarques faite par le grand blond. Après tout, le soucis qu'elle pourrait lui porter était inexistant. Cette façon qu'il avait de la juger était si simpliste, un brin rabaissante, à l'image des autres, si bien qu'une certaine habitude s'était emparée de la jeune héritière, incapable de rétorquer face à un tel constat. Bien plus occupée par sa robe, dont elle frottait délicatement les rebords préalablement mouillés, la cadette des Odair se tut un court instant, faisant abstraction de la présence du géant. Elle soupira un long moment face au douloureux présage qui signifiait ce chocolat : tout était fichu. La blonde fronça les sourcils avec véhémence et faillit hurler une nouvelle fois sur son interlocuteur, qui prenait grand soin de l'arroser de son pommeau de douche personnel. Nikki gesticula, protégeant son doux visage du jet, et vociféra dans la foulée. « Nystraaand ! Concentre toi sur ta tenue et fiche moi la paix ! » Une remarque qui ne serait sans doute d'aucune utilité mais qui, elle l'espérait, lui laisserait le temps de mettre les voiles hors de cette salle de bain bien trop petite pour les accueillir. « Je ne suis pas certaine que tu souhaites expliquer à Pacey la façon dont nous avons pris un bain de chocolat, toi et moi, alors frotte. » L'ordre était donné sur un ton suave et dénué, alors qu'elle observa une nouvelle fois sa tenue - fichue - dans le miroir. Son problème n'étant pas réellement l'aspect de la robe, mais bien le fait de devoir sortir de là pour se montrer ainsi en public. Son image - très importante - était tachée par leur aventure dans cette fontaine de chocolat et l'idée même de se redonner en spectacle, hérissa le poil de cette jeune héritière enflammée. Bel et bien désireuse d'abandonner le maire à son sort et sans dire mot, la jeune Odair choisit de mettre les voiles, suivant ces bons conseils et leur évitant ainsi une nouvelle bataille qui se règlerait cette fois-ci à coups de savon. Ses doigts saisirent la poignet et lorsque cette dernière tourna l'engin de sa main droite, un léger cliquetis peu recommandé se fit entendre et la poignet se retrouva littéralement happé contre sa paume. « Je crois que notre partage de salle de bain sera plus long que prévu Nystrand. » conclut-elle dans un fin sourire exagéré tout en agitant la dite poignet au nez à la barbe de son interlocuteur. Non, elle n'était guère ravie de devoir passer quelques instants de plus en sa compagnie mais sa réaction serait d'autant plus salvatrice pour la jeune femme qui avait toujours pris très à coeur d'enquiquiner le maire.

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